Paysages et Patrimoine

Paysages

paysage de brume
paysage de brume

Le Département du Tarn-et-Garonne ne compte pas moins de dix terroirs (micro-régions naturelles) aux accents propres à chacun, qui reposent sur des physionomies différentes, des styles architecturaux particuliers et sur la relation intime des hommes avec l'environnement, le relief, le climat et les types de culture.
Notre région, située au Nord Ouest du Département réunit pour partie deux de ces entités géographiques et paysagères aux doux noms de Quercy Blanc et Pays de Serres.

déversoir
déversoir

Par monts et par vaux ...
Cette expression traduit bien le relief qui essaime un moutonnement de coteaux et de vallons dessinant des paysages bucoliques aux lignes adoucies, les "serres" argilo-calcaires, affleurements rocheux de couleur claire.
Petit cours d'eau deviendra grand ...
Les cours d'eau - Barguelonne, Petite Barguelonne, Lendou, Séoune - s'écoulent parallèlement, orientés Nord-Est / Sud-Ouest, mêlant leurs eaux avant de rejoindre la Garonne.

vallée du Lendou
vallée du Lendou

Un paysage façonné par l'homme ...
Le Quercy Blanc Pays de Serres reste très marqué par l'agriculture, principale activité économique. Les influences climatiques de type atlantique et méditerranéen, la diversité du relief qui multiplie la variété des sols et des expositions, favorisent la polyculture et génèrent une diversité des productions : céréales, fruits, fourrage, élevage. Les cultures céréalières occupent une grande partie de la surface agricole. L'élevage demeure également une composante du tissu économique. L'élevage bovin est composé de vaches Blonde d'Aquitaine, élevées pour la viande et de Prim'Holstein pour la production laitière.

paysage de polyculture
paysage de polyculture

Les terres de vallée sont occupées par les cultures traditionnelles comme le blé et le maïs, les oléagineux (tournesol, soja, colza) et les prairies; tandis que les coteaux, sols argilo-calcaire exposés au Sud et à l'Ouest, portent plutôt les arbres fruitiers (pommiers, pruniers, cerisiers, pêchers, brugnoniers), de la vigne dite raisin de table dont le fleuron demeure le Chasselas de Moissac (A.O.C.) et le Melon du Quercy (IGP, Certification de conformité).

"le pays des fruits"
"le pays des fruits"

Les versants orientés au Nord et les plateaux arides, espaces incultes, sont colonisés par le chêne pubescent et son sous bois de buis, noisetiers, genévriers,... .
Le travail de la terre dessine le paysage, la nature devient jardin, verger, rythme la vie des gens du pays et les étals du marché.

prairie fleurie
prairie fleurie

Les micro-climats et la polyculture ont préservé des zones privilégiées pour la faune et la flore. Ce milieu varié et essentiellement calcaire permet le développement de plusieurs genres d'orchidées, ainsi que d'un large évantail de fleurs et plantes sauvages.

pic épeiche
pic épeiche

La faune se caractérise par la présence de nombreux insectes, tandis qu'il est fréquent d'observer un lézard vert se chauffant au soleil ou d'effrayer pies, geais ou pics épeiche. Les plus matinaux des promeneurs auront parfois la chance de croiser un chevreuil, un lièvre, un lapin de garenne ou une compagnie de perdreaux.

orchidées
orchidées

Originalité floristique des sols argilo-calcaire, plus d'une vingtaine d'espèces sont présentes localement. Moins spectaculaires que leurs parentes des forêts tropicales, elles présentent néanmoins une variété de couleurs et une finesse remarquables. Les plus répandues sont les orchis et les ophrys (abeille, mouche, frelon, ..., devant leur nom à la ressemblance de leur labelle avec ces insectes). Leur mode particulier et difficile de reproduction en fait des espèces fragiles, protégées, et très rares pour certaines.

Patrimoine bâti

De villages en hameaux, de vallées en plateaux, le terroir dévoile ses charmes. L'architecture rurale marque le patrimoine, les témoins du temps sont omniprésents : chapelles romanes, fermes traditionnelles, pigeonniers, moulins et fontaines jalonnent le paysage. La couleur du calcaire, la forme des moellons, les besoins et le savoir-faire des hommes ont eu pour résultat une architecture dont la qualité perdure.

pigeonnier sur colonnes
pigeonnier sur colonnes

Les pigeonniers étaient ici très répandus, n'étant pas le seul privilège du seigneur, et servant à recueillir la précieuse colombine (fiente de pigeon), engrais très fertilisant.
Les réalisations les plus anciennes sont les pigeonniers bâtis sur piles, empêchant ainsi l'accès des prédateurs aux nids des précieux volatiles. Le plus représentatif de ce modèle est celui du Domaine équestre, près de Lauzerte. Bien d'autres exemples parsèment la campagne, l'oeil attentif des promeneurs repèrera leur présence.

Les églises et chapelles.
Mariage heureux entre la pierre de couleur claire, la tuile et la brique aux chauds reliefs évocateurs du Midi, le bâti du Quercy Blanc ne se limite pas aux seules constructions civiles.
La ferveur chrétienne et la relative densité de population durant la période romane ont entraîné la construction de nombreuses églises et chapelles, profitant du rayonnement spirituel de l'abbaye de Moissac et du mouvement général d'expansion, bien imagé par la célèbre formule du "blanc manteau d'églises". Si beaucoup ont disparu, notre terroir reste une référence en terme de concentration de ces édifices. D'une émouvante simplicité architecturale, elles jalonnent régulièrement le paysage, souvent isolées dans leur vallon.
L'exemple local le plus représentatif est sans doute celui de la chapelle de Saint Sernin du Bosc.

St Sernin du Bosc
St Sernin du Bosc

Une chapelle des champs sur un chemin légendaire
Sur le Chemin de St Jacques de Compostelle, dans un vallon au doux nom de « Combe du miel », se dresse la petite chapelle romane de Saint Sernin du Bosc (XIe s., classée Monument Historique) de proportions modestes mais intéressante : abside semi-circulaire et voûtée en cul-de-four, clocher-mur à pignon triangulaire, corniche romane avec modillons. Depuis 1991, une association œuvre pour sa restauration : récolte de dons, démarches administratives et suivi des travaux qui sont désormais achevés.
Association pour la sauvegarde de St Sernin du Bosc
Mairie 82 110 Lauzerte.

Extrait du Dictionnaire des Paroisses du Diocèse de Montauban,
par le chanoine P. Gayne. 
La paroisse actuelle de Saint Sernin du Bosc a été créée au début du XIXème siècle en réunissant à son ancien territoire celui de Saint Symphorien, Saint Nazaire et Saint Jean de Salles. Cette création, faite à l’encontre de la géographie humaine, donna une importance majeure à une église, qui, jusqu’à la Révolution , n’avait été qu’une annexe de Saint Symphorien, et qui se trouve isolée dans un vallon difficile d’accès, dont le nom poétique de
« Comba del Mel » (Combe du Miel) indique assez le caractère agreste et à demi-sauvage.
Cette église est mentionnée dans les bulles de 1097 et de 1240 comme une possession de l’abbaye de Moissac qui au XIIIème siècle la céda à l’évêque de Cahors. Celui-ci en fut dès lors le collateur direct. Son territoire ne comptait en 1789 que 65 habitants.
C’est un édifice roman, de proportions modestes, mais intéressant. L’extérieur a subi peu de remaniements, l’intérieur a été quelque peu défiguré par des restaurations maladroites, surtout au XIXème siècle.
L’abside semi-circulaire et voûtée en cul-de-four est précédée d’une travée droite légèrement plus large qui constitue le chœur et qui est couverte d’un berceau. Les deux arcades qui limitent cette travée présente un tracé différent, l’une est de forme brisée, l’autre en plein cintre. De récents travaux ont permis de retrouver et de dégager la fenêtre axiale primitive.
La nef, plus large que le chœur, a une voûte en berceau qui, bien qu’appareillée, n’est pas d’origine.
La porte d’entrée se trouve aujourd’hui au midi ; la porte primitive située à l’ouest avait été murée. De récents travaux ont permis d’y retrouver un arc outrepassé. Un petit clocher-mur à pignon triangulaire surmonte la façade occidentale ; son unique baie abrite deux cloches superposées, dont l’une provient de l’église Saint Symphorien démolie en 1908.
On remarque à l’extérieur la corniche romane soutenue par des modillons diversement sculptés.
Le dernier curé a été l’abbé Joseph Servières, qui fut en 1920 nommé à l’Ecole Saint Théodard.

 
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